Mise au point concernant l'état de nos finances communales
Vous voyez circuler sur les réseaux sociaux pianais un document de 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐀𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐬, diffusé sans explication ni mise en perspective, pour laisser entendre que les finances du Pian-Médoc seraient très dégradées.
Avant de tirer des conclusions rapides, il est utile de 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐈𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬, 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐭𝐨𝐮𝐬.
Par exemple ici : https://www.decomptes-publics.fr/villes/33322-33290-le-pian-medoc
Lorsqu’on prend le temps de 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐥’𝐞𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, la réalité est bien plus nuancée que ce que certains visuels militants veulent laisser croire. 𝐿𝑒 𝑑𝑜𝑐𝑢𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑖𝑠 𝑒𝑛 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑟𝑒𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛 𝑐ℎ𝑜𝑖𝑥 𝑑𝑒 𝑙𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑜𝑟𝑖𝑒𝑛𝑡𝑒́ 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒𝑠 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑐𝑠.
Oui, la dette du Pian-Médoc est aujourd’hui au-dessus de la moyenne de sa strate. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬, 𝐚̀ 𝐥𝐮𝐢 𝐬𝐞𝐮𝐥, 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐦𝐞́ 𝐡𝐨𝐧𝐧𝐞̂𝐭𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞. Les données publiques montrent aussi que notre commune a des 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐢𝐧𝐟𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞 (350 €/habitant contre 628 €), 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐢𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞 𝐢𝐧𝐟𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞 (99 % contre 122 %) et 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨̂𝐭𝐬 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐮𝐱 𝐩𝐚𝐫 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬 (499 € contre 607 €). Autrement dit : 𝙤𝙣 𝙣𝙚 𝙥𝙚𝙪𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙥𝙧𝙚́𝙨𝙚𝙣𝙩𝙚𝙧 𝙡𝙖 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙪𝙣𝙚 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙚 “𝙢𝙖𝙡 𝙜𝙚́𝙧𝙚́𝙚” 𝙚𝙣 𝙣𝙚 𝙧𝙚𝙜𝙖𝙧𝙙𝙖𝙣𝙩 𝙦𝙪’𝙪𝙣 𝙫𝙤𝙮𝙖𝙣𝙩 𝙧𝙤𝙪𝙜𝙚 𝙚𝙩 𝙚𝙣 𝙘𝙖𝙘𝙝𝙖𝙣𝙩 𝙡𝙚𝙨 𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚𝙨.
𝐒𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭, 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞 𝐜𝐢𝐭𝐞́𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐚𝐮𝐝𝐢𝐭 𝐧𝐞𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭. C’est un outil édité par 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐀𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐬, qui affiche lui-même son objectif : réduire les dépenses publiques pour réduire les impôts. Sa “note” est donc construite à partir d’une 𝑔𝑟𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑠𝑠𝑢𝑚𝑒́𝑒, 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒, 𝑒𝑡 𝑛𝑜𝑛 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑛𝑎𝑙𝑦𝑠𝑒 𝑔𝑙𝑜𝑏𝑎𝑙𝑒 𝑒𝑡 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑖𝑐𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑔𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛𝑎𝑙𝑒.
Même cette méthodologie reconnaît qu’elle travaille, pour les communes, sur le budget principal seul et non sur les budgets annexes, alors que pour les groupements elle agrège davantage de données. Elle admet aussi que sa note est établie par classement relatif entre communes de même taille, avec une note allant de 2 à 18 selon la position dans la distribution. 𝐂𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐯𝐞𝐫𝐝𝐢𝐜𝐭 𝐚𝐛𝐬𝐨𝐥𝐮 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐨𝐮 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞.
𝐃𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐜𝐨̂𝐭𝐞́, 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐃𝐆𝐂𝐋 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝’𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐢𝐬𝐞́ 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́𝐞, parce que les programmes d’équipement se jouent souvent sur plusieurs années. C’est exactement ce que j’ai dit : médiathèque, cantine du bourg, pistes cyclables… des investissements lourds pèsent mécaniquement sur certains ratios à court terme, sans permettre de conclure sérieusement que “les finances vont mal” au sens politique du terme.
D’ailleurs, le site Décomptes Publics, qui s’appuie lui aussi sur les données publiques DGFiP/OFGL, précise bien que ses ratios ne constituent pas une analyse financière approfondie, mais une évaluation destinée à interroger la gestion locale. 𝐋𝐚̀ 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞, 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐞́𝐯𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐜𝐜𝐨𝐮𝐫𝐜𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐞̀𝐬 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧.
Enfin, il y a une contradiction politique assez simple : 𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐚𝐮𝐱 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐚𝐬𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐚𝐥𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐚𝐧𝐞𝐧𝐭𝐞, 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐭𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐚𝐦𝐛𝐢𝐭𝐢𝐞𝐮𝐱, 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐜𝐨𝐮̂𝐭𝐞𝐮𝐱, 𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐡𝐚𝐫𝐚𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞. Soit les finances sont réellement exsangues, et alors il faut dire clairement quels projets on abandonne, quels services on réduit ou quels impôts on augmente ; soit on reconnaît que la situation est plus nuancée que ne le prétendent certains visuels militants. 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐝𝐞́𝐛𝐚𝐭 𝐬𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐱, 𝐨𝐧 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬.
Alexis Toussaint




